Metropolis Berlin – L'évolution de la culture industrielle
Le parcours de Berlin vers le statut de métropole moderne
La circulation est dense, les enseignes lumineuses brillent, dans les boîtes de nuit, de jeunes femmes sûres d'elles dansent dans des robes arrivant aux genoux, tandis que des artistes en vogue créent des œuvres majeures : au début du XXe siècle, Berlin est la plus grande métropole industrielle du continent européen et dicte les tendances internationales en matière d'art et de mode de vie. Mais sans l'industrialisation, la métropole berlinoise n'existerait pas ; c'est elle qui a posé les fondations de la ville telle que nous la connaissons aujourd'hui.
Berlin – ville des innovations
Le premier chemin de fer de Prusse, l’une des premières centrales électriques à courant triphasé d’Europe et le premier tramway au monde : de nombreuses réalisations majeures sont issues de Berlin. Ce n’est pas un hasard si la ville est surnommée « Elektropolis », l’industrie électrique y jouant un rôle important depuis les années 1880. Berlin resplendit sous une lumière éclatante.
Berlin est le terrain d'expérimentation des nouvelles technologies. Les nouveaux systèmes d'électricité, d'eau et de transport servent de modèle à l'échelle mondiale. De petits ateliers de quartier comme Siemens & Halske se transforment en groupes mondiaux et construisent des villes-usines entières
Elektropolis Berlin – Électricité
L’électrification des machines, de l’éclairage, des transports et des moyens de communication transforme le monde du travail et la vie des gens – elle est en train de devenir « électrisée » ! Des câbles électriques ainsi que des conduites d’eau et de gaz sillonnent le sous-sol de la ville et l’alimentent en énergie. Dans la ville même, des postes de transformation voient le jour, des bâtiments imposants destinés à la distribution et à la régulation de l’électricité.
Aujourd’hui, la sous-station Ost abrite le divertissant Kriminal Theater, tandis que la sous-station Alexanderplatz est devenue un lieu d’événements. L’ancienne sous-station Buchhändlerhof a acquis une renommée internationale lorsque le légendaire club techno E-Werk y a ouvert ses portes dans les années 1990.
Vous apprendrez d'ailleurs tout ce qu'il y a à savoir sur l'électricité au Musée de l'énergie de Steglitz, installé dans une ancienne centrale électrique.
Briques et ossatures métalliques : un nouveau langage architectural
Berlin possède, comme peu d’autres métropoles européennes, un grand nombre de témoignages exceptionnels du développement industriel. Que ce soit à Wedding ou à Tempelhof, à Pankow, Schöneberg, Schöneweide ou Reinickendorf – avec l’industrie électrique, la construction mécanique et ferroviaire, les technologies de communication et de radiocommunication, la ville a écrit non seulement l’histoire économique internationale, mais aussi l’histoire de l’architecture.
Les imposants édifices de cette industrie en plein essor transforment le visage de la ville, d’abord dans le style de l’historicisme impérial, puis dans celui de la Nouvelle Objectivité. En 1909, Peter Behrens construit la Turbinenhalle de l’AEG, cette usine moderne de verre et d’acier, une magnifique « cathédrale du travail ». De nombreux bâtiments se caractérisent par une architecture sobre en briques de clinker foncées, derrière lesquelles se cachent des ossatures en acier. Les premiers gratte-ciel de Berlin,l’ , la Wernerwerk Schaltwerk-Hochhaus, , l’ , la Borsigturm et l’Ullsteinhaus voient le jour et témoignent des idées novatrices des architectes.
Vivre et travailler en ville
Comment vont les gens ? Comment vivent les innombrables ouvrières et ouvriers berlinois qui permettent à la ville de devenir une métropole industrielle ? La pénurie de logements dans cette métropole en pleine expansion est énorme. Dans les immeubles insalubres de Berlin, vers 1920, cinq personnes ou plus se partagent souvent une seule pièce. Lorsque les uns partent travailler, les autres utilisent l’espace pour dormir. Presque aucun des logements ne dispose d’une salle de bains ; à la place, il y a des toilettes communes dans la cour ou dans la cage d’escalier.
Les représentants du mouvement « Neues Bauen » réclament depuis longtemps l’amélioration des conditions de vie des couches pauvres de la population. Mais ce n’est qu’après l’effondrement de l’Empire en 1918 que les urbanistes et les architectes en ont la possibilité : dans la nouvelle République de Weimar, Berlin devient un terrain d’expérimentation pour les nouveaux objectifs sociaux de l’urbanisme. En l’espace de quelques années , de nouveaux lotissements innovants voient le jour à la périphérie de la métropole :
- Gartenstadt Falkenberg (Treptow), construite entre 1913 et 1916 par Bruno Taut, espaces verts aménagés par Ludwig Lesser
- La cité Schillerpark (Wedding), construite entre 1924 et 1930 par Bruno Taut et Franz Hoffmann, partiellement reconstruite en 1951 par Max Taut, agrandie entre 1954 et 1959 par Hans Hoffmann
- Grande cité de Britz (Hufeisensiedlung) ( Neukölln), construite entre 1925 et 1931 par Bruno Taut et Martin Wagner, espaces verts aménagés par Leberecht Migge
- Quartier résidentiel Carl Legien (Prenzlauer Berg), construit entre 1928 et 1930 par Bruno Taut et Franz Hillinger
- La « ville blanche » d' (Reinickendorf), construite entre 1929 et 1931 par Bruno Ahrends, Wilhelm Büning et Otto Rudolf Salvisberg, espaces verts aménagés par Ludwig Lesser
- Grand ensemble de Siemensstadt (Charlottenburg et Spandau), construit entre 1929 et 1931 par Otto Bartning, Fred Forbat, Walter Gropius, Hugo Häring, Paul Rudolf Henning et Hans Scharoun, espaces verts aménagés par Leberecht Migge
Ils font aujourd'hui partie du patrimoine mondial de l'UNESCO.
Tous les trois ans, un festival suprarégional organisé dans les villes de Berlin, Weimar et Dessau est consacré à la culture architecturale et aux idées du modernisme : la Triennale du modernisme.
Berlin – Symphonie d’une grande ville
Le dynamisme et le progrès marquent la vie de la grande ville non seulement par l’apparition constante de nouvelles usines et ateliers, mais influencent également la science, l’art et le mode de vie. C’est grâce à eux que naît la vie moderne, avec l’électricité, les chemins de fer et les transports, les rues brillamment éclairées la nuit, ainsi que de nouveaux loisirs. Des artistes tels que Karl Eduard Biermann, Adolph von Menzel, Lesser Ury et Max Liebermann immortalisent les usines et la vie urbaine dans leurs tableaux.
Le film muet « Berlin – Symphonie d’une grande ville », sorti en 1927, illustre d’ailleurs encore aujourd’hui de manière saisissante le rythme toujours plus effréné de la ville.
La même année, le chef-d’œuvre de Fritz Lang, « Metropolis », sort en salles. On y voit une révolte des ouvriers mener à la destruction de machines surpuissantes et à la réconciliation avec la classe supérieure. Ce classique de la science-fiction est toujours régulièrement à l’affiche du cinéma Babylon.
Une nouvelle vie dans de vieux murs
Arrières-cours abritant des commerces, des postes de transformation, des usines et des brasseries : elles marquent encore aujourd’hui le visage de la ville et créent des espaces propices aux idées innovantes et à de nouvelles utilisations créatives. Des artistes et des galeristes du monde entier viennent à Berlin, car ils y trouvent des espaces pour leur art et la réalisation de leurs rêves.
La KulturBrauerei, une ancienne brasserie, abrite des clubs, des théâtres et un cinéma. La Kindl-Brauerei abrite un centre d’art moderne. D’autres artistes ont installé leurs ateliers à Oberschöneweide, sur l’ancien site de l’usine AEG. L’Industriesalon Schöneweide abrite le centre d’accueil dédié à la culture industrielle : vous y apprendrez tout ce qu’il faut savoir sur le sujet et pourrez participer à des visites guidées passionnantes.
Les Geyer-Werke, où l’on copiait autrefois des films, ont accueilli de jeunes start-ups aux idées innovantes. L’Ullsteinhaus donne sur le port de Tempelhof, où un nouveau lieu de rencontre, avec des restaurants et des magasins – et une ambiance maritime –, est en train de voir le jour au bord du bassin portuaire.
Sous le toit de la Malzfabrik à Tempelhof travaillent des esprits créatifs qui y trouvent des ateliers, des bureaux, des salles de conférence et même une salle de concert.
Dans l’entrepôt frigorifique de Kreuzberg, des espaces sont ouverts pour des expositions et des spectacles ; pendant la Fashion Week de Berlin, des marques de mode y présentent les dernières tendances sur le podium.


