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Shell-Haus
Shell-Haus, Fassade visitBerlin, Foto: Nele Niederstadt

Les années 20 – Architecture à Berlin

À Berlin, l’architecture des années 20 est audacieuse. Elle marque le début d’une nouvelle ère où liberté et pragmatisme sont à l’honneur.
Alors qu’elle subit encore les conséquences de la guerre, Berlin s’offre un nouveau visage. Un courant artistique voit le jour, la Nouvelle Objectivité, qui laisse ses empreintes dans l’architecture de la ville. Il se démarque de l'expressionnisme et de l'Art Nouveau allemand (Jugendstil) par une recherche d'efficacité et de sobriété.

Retour sur le contexte historique

Nous sommes au début des années 1920. L’Allemagne est tourmentée par la Première Guerre mondiale et Berlin n’échappe pas à la précarité. Le courant expressionniste est critiqué : il ne répondrait pas assez aux besoins concrets de la population.
Il a pourtant marqué l'architecture en permettant d'expérimenter sur les formes, arrondies, et sur les matériaux, avec un usage du béton et de la brique rouge. Cependant, ce courant inclut beaucoup de détails, tels que des sculptures sur les façades, qui apparaissent à l'époque comme des fioritures : l'utopie artistique fait place au réalisme.
L’entre-deux-guerres est, en effet, une période difficile pour les chercheurs de logements. Les professionnels du bâtiment ont hâte d’offrir des habitations fonctionnelles, saines et de qualité supérieure aux Berlinois.
Le pays prend un nouvel élan qu’il nomme Neue Sachlichkeit, littéralement traduit par “Nouvelle Objectivité”, qui se démarque de l'expressionnisme.

Zoom sur les lignes directrices de l’architecture

Alors que l’architecture expressionniste dévoile des zigzags et des courbes parfois extravagantes, la nouvelle objectivité mise sur la simplicité. Pour l’atteindre, les architectes et urbanistes se basent sur la géométrie et sur l'abstraction des formes.
Dans les années 20, les bâtiments néoclassiques hérités du XIXe siècle sont également nombreux à Berlin. Ils dévoilent des éléments inspirés de l’architecture gréco-romaine. Une fois encore, la Nouvelle Objectivité se démarque en laissant les colonnes et portiques de côté.
La sobriété est le maître-mot des bâtiments édifiés au cours de cette décennie. Les vitrages ont, par ailleurs, le vent en poupe, apportant leur note d’élégance et de modernité aux constructions émergeant dans la capitale. En outre, les automobiles se font plus nombreuses. La tendance architecturale en tient compte afin d’adapter les nouvelles constructions à la morphologie routière.

Les principaux bâtiments édifiés dans les années 20

L’audace des architectes de cette décennie permet à des monuments remarquables de se dresser à travers Berlin.
La cité du Fer à cheval voit le jour dans le quartier de Britz. Il faut près de cinq années (1925 à 1930) pour que l’architecte Bruno Taut concrétise ce projet ambitieux. À la même époque (1928 à 1930), il dirige la construction de la cité Karl Legien, au cœur du quartier de Prenzlauer Berg.
La Case de l’Oncle Tom s’ajoute au tableau. Construite entre 1926 et 1932, la station de métro sise à Zehlendorf s’entoure d’un lotissement éponyme. L’ensemble est bâti à la même période.
Le style Art déco fait aussi partie de l’architecture à Berlin. Le Renaissance Theater, ou théâtre de la renaissance, en témoigne. Inauguré en 1922, il est la version métamorphosée d’un cinéma édifié au début du siècle. L’ancien bâtiment n’a pas été totalement détruit, mais rénové à plusieurs reprises.

Ces édifices qui n’attendent qu’à être (re-)découverts

Certaines des constructions berlinoises des années 1920 sont encore fonctionnelles et sont même ouvertes au public. Elles sont répertoriées sur visitBerlin, vous offrant la possibilité de planifier vos visites avant de vous envoler vers la capitale allemande.
Parmi les édifices à voir figure l'Arena Berlin, un immense hall de 7 000 m² qui a vu le jour en 1927. À l’origine, le complexe est censé servir à la régie des transports. Au fil du temps, il est transformé en entrepôt de munitions. Dans les années 2000, de lourdes rénovations sont engagées. L’Arena devient un haut-lieu culturel. Théâtre, expositions, bateau-club et cafés vous y attendent aujourd'hui.
Les cités du modernisme font aussi partie de ces joyaux d’architecture hérités des années 20. La cité du Fer à Cheval et la cité Karl Legien, mentionnées plus haut, en sont des exemples phares. L’architecte à qui nous devons ces bâtiments a également orchestré la construction de la cité du Schillerpark à Wedding. Il est également possible de faire un tour à la cité Blanche, bâtie dans le quartier Reinickendorf par l’urbaniste Otto Rudolf Salvisberg.
Même si les constructions s’inspirent de la tendance "cités-jardins" née en Angleterre, l’Allemagne reste fidèle à ses principes. L’ensemble est donc parfaitement coordonné, inspiré par la recherche d’un résultat épuré et graphique, qui dévoile un soupçon de modernité.

Clin d’œil aux édifices modernes

Ces vestiges des années 1920 côtoient plusieurs édifices modernes qui valent le détour. Le Band des Bundes, un ensemble de bâtiments gouvernementaux, ainsi que la gare centrale de Berlin et la Galerie berlinoise sont des exemples de lieux à visiter. Leur architecture rappelle un peu celle des décennies passées.